| Bruno
Mendonça et
ses bibliothèques éphémères, grandes
peintures sur papier ne peuvent pas être totalement compris
si on ne rattache pas ce travail à son land art, à
ses performances, au goût du Fluxus qui durent parfois des
heures. Dans la foulée, ses objets, ses sculptures, ses livres,
ses maquettes mégalo-poétiques... Voilà un
artiste qui carbure à je ne sais quoi d'euphorisant, mais
qui carbure.
Les idées, les inventions foisonnent, l'énergie sans
frontières et la source ne se tarit pas, depuis sa première
exposition en 1973. Il enchaîne les projets pas si fous que
ça puisque sa bibliothèque igloo va être réalisée
et va migrer de bibliothèques en médiathèques.
On attend les concrétisations de ses voyages avec les bibliothèques
glacier, failles, ruines ou aquarium sachant que la squash bibliothèque
(il pratique), le blockhaus, les livres dans la Méditerranée,
les murs d'algues datent d'avant 2000. Il a l'âge d'un de
1953. Qui le croit ? Il a des yeux d'extra-terrestre qui nous tendent
le petit doigt pour tourner ses pages.
Il est obsédé par le livre ouvert ou fermé,
sous toutes les coutures. Toutes les hypothèses sont jetées
mais il court, seul, plus essoufflé, grave et plein d'humour,
dans son monde de Ia connaissance, dans son monde qu'il donne, donne
et donne encore. Lisible. Un enfant de Vinci.
Sophie Braganti
article paru dans Verso no 29, janvier 2003
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